Le premier cycle universitaire ne permet pas à suffisamment de jeunes d’y réussir. Il faut donc le revoir pour permettre à chaque jeune de trouver sa voie via une information, un accompagnement et une orientation en bonne adéquation avec ses aspirations et les besoins du monde socio-économique.

Pour la réussite en premier cycle

1. Mettre en place une véritable politique d’information et d’orientation
2. Diviser par 2 le taux d’échec en premier cycle du supérieur à horizon 2025
3. Faire de la France la référence mondiale en matière de formation supérieure par apprentissage

Pour amener 60 % d’une classe d’âge dans l’enseignement supérieur (1), le véritable enjeu est d’abord de faire en sorte que ces jeunes puissent s’inscrire dans des parcours de réussite. L’absence d’orientation active à l’entrée de l’université crée, de fait, une sélection par l’échec en premier cycle (seulement 27 % des étudiants obtiennent un diplôme de licence sans redoubler). Les premières victimes en sont les jeunes issus de catégories sociales défavorisées. Il est indispensable de mettre en place des mesures d’information et d’orientation efficaces et transparentes en amont, mais également à l’entrée de l’enseignement supérieur.

Le premier cycle universitaire doit proposer des cursus communs d’un à deux ans (années de propédeutique) qui permettront de donner un socle multidisciplinaire solide aux étudiants. Il leur permettra de définir un projet personnel et professionnel qui les conduira à s’orienter vers des formations professionnalisantes de type Bachelor de niveau Bac +3 ou vers des études longues à Bac +5 et au-delà.

Cela nécessite une politique volontariste de développement de formations professionnalisantes courtes qui correspondent à des besoins non satisfaits des entreprises notamment des PME et ETI qui doivent donc être associées à la définition de ces formations. Il faut pour cela lever certaines barrières relatives en particulier au financement de l’apprentissage par les entreprises.

Indissociable de la mise en place de formations professionnalisantes, un effort particulier doit être consenti dans le développement de la Formation Tout au Long de la Vie (FTLV) afin de permettre aux jeunes de compléter leur formation initiale, après une expérience professionnelle. La valorisation des acquis de l’expérience doit également être développée.

Au sein de cet écosystème, les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE) sont un modèle d’excellence à part entière se matérialisant in fine par un concours classant. Ce système, qui a fait ses preuves, peut inspirer le développement de cursus préparatoires favorisant la réussite dans l’enseignement supérieur et répondant aux besoins de la société française et du monde économique.

L’ensemble de ces mesures suppose une véritable transformation culturelle de tous les acteurs, dans l’intérêt des jeunes et pour la pérennité, l’équité et la justice du modèle français d’enseignement supérieur.


1. Mettre en place une véritable politique d’information et d’orientation afin d’accompagner, dès la troisième, les élèves vers le monde du travail ou les études supérieures en fonction de leurs attentes ; limiter ainsi le décrochage scolaire et l’échec en premier cycle des études supérieures. À cette fin, intégrer à la formation des enseignants du secondaire la connaissance des formations de l’enseignement supérieur et des formations professionalisantes du secondaire, notamment via les outils numériques. Associer les entreprises pour une meilleure information sur les métiers.


2. Diviser par 2 le taux d’échec en premier cycle du supérieur à l’horizon 2025

  • donner la possibilité aux universités de définir et mettre en place une orientation active de leurs étudiants à l’entrée en Licence et à l’entrée du Master en s’appuyant sur une évaluation des potentiels individuels et sur une connaissance des débouchés professionnels.
  • donner aux étudiants les informations leur permettant de mieux éclairer leurs choix par une meilleure compréhension des prérequis et aptitudes nécessaires, et une meilleure connaissance des débouchés professionnels des différents cursus.
  • mettre en place, à l’université, des cursus communs d’un à deux ans (années de propédeutique) permettant une orientation effective des étudiants à leur issue ; éviter ainsi la sélection massive par l’échec subie par les étudiants aujourd’hui.
  • développer des formations professionnalisantes courtes (Bac +3) conférant le grade de Licence, répondant aux besoins des entreprises, et ayant massivement vocation à déboucher sur une insertion immédiate dans la vie active. Fixer l’objectif de 400 000 diplômés annuellement en 2025. Développer tout particulièrement pour ces diplômés, des formations diplômantes tout au long de la vie en accord avec les entreprises, instituer de vrais cursus à temps partiel au sein des établissements d’enseignement supérieur et fixer un objectif à 5 ans de plus de 100 000 diplômés par an à travers ces parcours de formation continue.
  • développer la formation tout au long de la vie en lien avec les acteurs du monde socio-économique et en rendant possibles et attractifs les parcours conduisant les actifs à l’obtention de masters voire à l’inscription en thèse. Faire de ces cursus de vrais produits d’appel pour les établissements d’enseignement supérieur.

3. Faire de la France la référence mondiale en matière de formation supérieure par apprentissage. Doubler le nombre d’apprentis dans l’enseignement supérieur d’ici à 2025. Fixer l’objectif de 25 % de diplômés des Grandes écoles par l’apprentissage en 2025 (environ 15 % en 2015) et en assurer le financement correspondant (cf. infra financement).


1. Selon les objectifs fixés par la StraNES. Cela signifie en contrepoint que les filières professionnelles du secondaire devront attirer 40 % des jeunes d’une classe d’âge, et qu’il est essentiel de revaloriser leur image.
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